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30 mars 2026

L’équipage de Tom Picot porte haut les couleurs du Pacifique



Engagés sous le drapeau australien pour cette étape du World Tour, le skipper de Koumac, Tom Picot, et son équipage ont affronté l’élite mondiale du Match Racing dans le "Las Vegas chinois". Entre logistique express et joutes nautiques de haut vol, récit d’une semaine intense.

Il y a 1 mois, Tom Picot ne savait pas qu’il allait affronter les meilleurs lors d’une étape mondiale de Match Cup à Macao en ce mois de mars. L’invitation est tombée seulement trois semaines avant l’épreuve. Pour Tom Picot, le défi a d'abord été logistique : rejoindre Macao à temps et réunir son équipage.


Au commande donc, on retrouve Tom PICOT. Originaire de Koumac avec la double nationalité Australienne et Française, Tom s’impose comme une référence du Match Racing, notamment depuis son podium à la Detroit Cup 2025, étape historique du match racing, où il a décroché une superbe 3e place. Au 1er février 2026, il occupait la 25e place mondiale au classement World Sailing. Il a la place de barreur et skipper dans cet évènement.

A ces côtés, Yann RIGAL est l’équipier d’avant, garant de la coordination dans les manœuvres. Yann s’est notamment illustré en fin d’année dernière lors de la Sydney Hobart avec son ami et équipier Michel Quintin.

Frank LAVENANT est venu de Saint Malo pour occuper le poste stratégique de Grand-Voile / Tactique. Il s’est illustré aux côtés de Tom lors de Detroit Cup, mais aussi lors de la mythique Course Cowes-Dinard en 2025 en remportant le titre dans catégorie IRC 4 en double avec Nils Boyer.

Et on termine avec Louis TAYLOR, franco-écossais, qui du haut de ses 23 ans, sera l’embraque/régleur. Il est l’un des jeunes espoirs de la voile Française actuelle et apporte aussi une touche de modernité à ses co-équipiers.


24 mars — Inscription, pesée et première navigation

Après un tour du monde pour se rejoindre, les 4 coéquipiers se retrouvent pour la première épreuve la plus stressante : la pesée. Depuis 24h, sport et diète stricte sont de mises pour ne pas dépasser les 250kg autorisés. Et la balance joue le jeu (ouf) !

Dès l'inscription validée, l'équipe découvre le support : le Fareast 28R. Un bateau exigeant où le réglage du génois et de la Grand-Voile ne pardonne aucune seconde de retard. “Mais Louis réussit à améliorer le snap du génois, et dès que tout est calé, l'équipage arrive à faire ce qu'il veut” explique Yann Rigal.

Les premiers bords sont prometteurs : malgré un plan d'eau capricieux (vent cisaillé par les gratte-ciels de Macao), l'alchimie opère et les matchs tests sont remportés. Seule ombre au tableau : le téléphone de Tom finit par 4 mètres de fond dans le port...


25 mars — Round Robin, Jour 1

La journée est retardée car le vent a décidé de se cacher. Au bout d’une heure et demie, Tom et sa bande peuvent enfin commencer leur 3 matchs de la journée. Dès ce 1er jour, l’équipage engage contre les meilleurs à savoir le français Aurélien Pierroz. Et s’ils ont pu leur faire peur, Picot ne remporte pas le match. Idem pour leur match contre Cole Tapeur (Aus). Mais ils gagnent contre le Néo-zélandais (et champion du monde 2022) Nick Egnot Johnson.


Jeudi 26 mars : L'ascenseur émotionnel

La journée est dense : six matchs disputés, et le haut niveau qui ne pardonne rien.

Face à l'Australien Zac West — un bon copain de l'équipe, partageur de gaufres au chocolat le soir dans les ruelles de Macao — le vent est instable au départ, West part devant, mais l'équipage revient, le roule sur le deuxième spi et emporte le match. Picot prend aussi son point à l’australien Marcello Torre.

Autre succès prestigieux : une magnifique victoire contre la légende suédoise Johnie Berntsson.

Face à l’Américain Christian Prendergast, un mauvais envoi de spi les fait perdre leur point. Mais durant cette journée, alors que tout l’équipage est motivé plus que jamais, la rencontre avec le Danois Jeppe Borch va tout changer. Pris en sandwich entre Borch et le comité, l’équipage de Picot ne peut éviter le contact et prend 0.5 point de pénalité.


Vendredi 27 mars : Le dénouement

Comme disait Nelson Mandela, “quand on ne gagne pas, on apprend” et l’équipage de Picot a appris. Les derniers matchs du Round Robin scellent le sort de l'équipage.

La pénalité de -0,5 point et les deux matchs "clés" perdus de peu au début du tournoi pèsent lourd. L'aventure s'arrête avant les phases finales, mais le niveau de performance affiché face au Top 10 mondial est une immense satisfaction.

« Bien sûr, on est triste du résultat », confie Yann Rigal au terme de cette étape intense, « si on avait la possibilité de naviguer plus souvent "tous" ensemble, ça aiderait. » Mais loin d'être un point final, cette expérience à Macao agit comme un détonateur pour l'équipage de Tom Picot.

L'ambition est désormais structurée : « On souhaite monter une association, trouver du budget (50 000 €), pour faire les étapes clés du World Tour afin de maintenir ce niveau de performance du Top 10 mondial, en intégrant des jeunes calédoniens. »

Le message est désormais lancé. Il ne reste plus qu'à espérer que le talent pur de Tom Picot et la cohésion de son équipe captent l’œil de mécènes audacieux, prêts à parier sur le rayonnement du Pacifique et de ses pépites nautiques à l'échelle internationale.

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